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 ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)

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MessageSujet: ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)   Lun 11 Juil - 11:46



s’il te plaît, apprivoise-moi.

Les couleurs criardes agressent ta rétine. Tu ne sais pas vraiment pourquoi tes pas t’ont mené jusque-là, tu avais seulement besoin de prendre l’air. De reprendre ta respiration. Tu avais besoin de t’éloigner, de faire taire la bête au creux de ton estomac. Parfois, elle était bien trop bruyante. Parfois, elle te mordait si fort que tu hurlais intérieurement. Tu hurlais en silence. Il y avait comme du poison qui coulait dans tes veines, aveuglait tes pupilles. Et le monde alors n’était plus que couleur carmin, que rouge sang. La violence et la douleur, partout autour de toi. Les bêtes se déchaînaient, s’affrontaient. Peut-être que tu recherchais qu’un peu de paix, en venant ici. Peut-être que tu voulais du silence. Mais les couleurs étaient trop brillantes ; mais la lune trop ronde et trop claire. La nuit calme berçait les âmes parties rêver, s’endormant sur des espoirs d’un meilleur lendemain. Cette pensée te faisait doucement sourire, avec une lourde ironie – si seulement tu pouvais leur dire que l’espoir était vain. Que demain ne serait jamais mieux qu’aujourd’hui. Que le futur était condamné. Et pourtant, tu étais là toi aussi. Tu étais là, à espérer. Espérer quelque chose qui ne viendrait pas ; espérer quelque chose qui n’existait pas. Mais parfois, la solitude était trop grande, la solitude était trop douloureuse. Parfois, tu aurais voulu une âme qui comprendrait la tienne tout en ayant peur de ce que tu ressentirais. Tout en redoutant ce que tu deviendrais. Tu n’étais qu’un monstre. Tu n’étais qu’une bête que même un petit Ange s’évertuait à fuir à tout prix pour rejoindre les bras d’un autre. Tu serres les mâchoires. Alors qui pourrait embrasser autant de noirceur ?

Lâchant un léger soupir, tu fermes les paupières cependant que tu laisses l’odeur chaude de la nuit envahir tes narines. Le vent qui bruisse dans les feuilles alerte alors tes sens et la présence se fait plus distincte. Plus dangereuse aussi. Comme une ombre qui te suit, comme une ombre qui te poursuit. Sourcils froncés, tu fais volte-face dans un mouvement sec et grognes comme un animal blessé pris en chasse. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Ton regard tombe dans un puits d’innocence, douloureusement tendre. Un frisson parcourt ta peau et ton estomac se tord, des sensations que tu rejettes avec trop de violence. Il ne devrait pas être là. Il ne devrait pas être avec toi. « Pourquoi tu me suis, gamin ? tu craches avec véhémence. Qu’est-ce que tu me veux encore ? » Ce petit brun te rappelait ton Prince quelques années auparavant. Quand son regard était trop pur, quand tu ne l’avais pas sali de tes mains noircies de péché. Quand il t’écoutait encore et qu’il n’y avait que toi qui comptais. Tout semblait changé désormais. Ange te laissait seul. Ange t’abandonnait. Et il y avait quelque part au fond de toi comme une vague de douleur trop puissante que tu n’étais pas prêt à affronter. Parce qu’il n’aurait pas dû te manquer, parce que tu n’aurais pas dû être affecté. Parce que la trahison laissait un goût bien amer sur tes lèvres. Tout le monde finit par partir un jour, par courir après une liberté chimérique qui ne leur apportera pourtant rien du tout. Mais la vie était ainsi – les vilains n’ont pas droit à leur fin heureuse pour toujours.


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MessageSujet: Re: ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)   Lun 11 Juil - 15:50



Arrête de ressentir s’il te plaît.

Nikita Zackharov. Même ce nom semble inconnu à tes yeux, tu es une poupée de verre qu’on a recollée, des impuretés ancrées dans ta chaire. Porcelaine, Cire qui fond, monstre qu’on attache et enfant qu’on souille. Tu es le roi des songes, le prince de la douleur, fils du dieu et enfant du démon. Mains rugueuses dans le creux de tes reins, lèvres entrouvertes de personnes que tu ne connais même pas, perles salées dans tes yeux. Corps souillé, blessures dissimulées, il y a les traces d’un amour inexistant, des bleus, des blessures que tu t’infliges toi-même, celles qui te font mal et qui te dégoûtent en même temps. Et puis, aujourd’hui, ce soir, Trace de strangulation entourant ton cou tel un collier dont on ne peut se débarrasser, les yeux innocents et le corps en miettes, l’âme en berne et l’envie de mourir au bord des lèvres. Les gens, leurs émotions, l’envie qu’ils ont de détruire, de tuer l’innocence du monde, de fracasser les bijoux les plus précieux au sol, briser le corps trop parfait, faire taire la voix entêtante. Les émotions, la rage que tu ressens et qui n’est jamais la tienne, la joie que tu oublies doucement qui s’impose parfois. Foule du monde, mal de tête, humain qui rentre, qui s’enferme, insonorisation totale, quand tu ne vois pas tu ne ressens pas, quand tu t’imagines seul tu ne ressens pas et pourtant pauvre ange déchu, la nuit tout se déroule, la folie ensorcelant ton cœur et te faisant briser ta voix, chambre que tu détruis que tu fracasses et ce soir et cette nuit, une fenêtre brisée, la panique et la fuite, les pieds nus sur les pavés défoncés, sur la terre noirâtre.

Pathétique enfant, amoché et qui se balade la nuit comme si tout avait une solution. Pourtant, personne dans les rues, état second, la lune réveil les sentiments des autres mais ce que tu ressens ce n’est que de la tristesse, pourtant, pourtant tu marches, guidés par des émotions qui ne sont pas les tiennes, une silhouette, grande, élancé, humaine, un cœur délaissé, la tristesse, la rage, la colère, trop d’émotion d’un coup, tu pourrais souffrir plus, mais tu ne souffres pas, tu comprends juste, tu ressens ce que cette personne ressent et tu ne t’arrêtes pas, tu suis, tu essayes de comprendre. Une voix, un visage, sursaut du gosse, minuscule gamin de dix-huit ans, petit pour son âge, les traits trop fins et le regard compréhensif. Les questions s’enchaînent et les émotions également. « Arrête de ressentir. » Rougissement de tes joues et tes yeux qui se baissent. « Arrête de ressentir s’il te plaît. » La colère, la tristesse, l’abandon, tu ne sais plus ce qui t’appartiens. « Si t’es tout seul c'est pas de ta faute, arrête d’être en colère ça me fait mal à la tête. » Voix de gosse, gamin perdu dans l’immensité d’un océan rouge. Yeux clairs et cheveux corbeaux du plus grand, du plus vieux, être coupable, se faire abandonner, tu comprends ou tu le crois. Tu t’approches, un peu plus, ta main se posant sur la poitrine du plus vieux. « J’ai mal à ta place, arrête d’avoir mal s’il te plaît. » Tu oses Nikita, le regard marron plongeant dans celui bleu céruléen, t’as les sourcils froncés. « Je te suis parce que tu ressens trop fort. » Comme si ça semblait logique comme si tout le monde pouvait le voir et le ressentir. T’es pathétique Nikita, un pantalon qui tombe sur une de tes hanches et ce haut trop grand pour toi, le seul qui n’est pas tâché de ton sang, ton cou bleuit, tes bras fracassés de cicatrices, et, ta face d’enfant triste.



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MessageSujet: Re: ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)   Mar 12 Juil - 10:11



s’il te plaît, apprivoise-moi.

Le gosse a un regard étrange sur toi. Il te regarde sans réellement te voir. Il te voit comme s’il observait à travers toi. La sensation d’être exposé. La sensation d’être vulnérable. Tu observes les traits trop fins, la carcasse amochée. Il a l’air d’être sur le point de s’effondrer à tout instant, comme une brindille qui serait bientôt balayée par le souffle du vent. Que cherche-t-il exactement ? Et pourquoi ce regard qui te dit qu’il comprend. Que comprend-il au fond ? Il ne peut pas réellement comprendre. Il n’entend pas les hurlements de la bête, il ne souffre pas les griffures de ses grandes pattes qui déchirent tout. Il ne peut pas réellement comprendre. Et sa compassion ne laisse qu’un goût vulgairement amer sur ta langue. « Désolé, il n’existe pas encore de bouton marche-arrêt pour les émotions, tu craches vertement, le sourire trop ironique. Faudra faire avec. » Comme si c’était si simple. Comme si tu pouvais effacer d’un coup de baguette magique tout ce que tournoie à l’intérieur de ta tête. Ce n’est pas si aisé, ce n’est pas aussi simple. Tu es condamné à vivre avec le monstre à l’intérieur de toi. Tu es condamné à être ce monstre assoiffé de sang. Assoiffé de douleur et de souffrance. Tu observes les joues qui se colorent de rouge, le regard qui te fuie. Tu laisses échapper un sifflement impatient. Tu détestes qu’il soit là, à ressentir tout ce que tu ressens. À entrer dans ta tête alors que tu ne lui en as même pas donné la permission. Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi s’inquiéter pour toi ? Il n’a aucune idée de qui tu es, de combien tu peux être dangereux. Tu pourrais briser son pauvre petit corps chétif si tu le décidais. À qui est-ce que ce gamin manquerait ?

Il s’approche de toi et tu restes stoïque. Immobile. Il s’acharne. Il s’accroche. Pense-t-il pouvoir te guérir, t’apaiser ? Pense-t-il t’émouvoir en te disant qu’il comprend ta souffrance, tes peines, tout ce que tu ressens ? Tout ça n’a pas d’importance. Ça ne change rien à la douleur, à la solitude. Ça ne change rien au fait que tu as ce poison qui coule dans tes veines en train de pourrir, de tuer tout ce qu’il restait à sauver. Bientôt, tu ne seras plus qu’un vaste champ de ruines. Bientôt, tu ne seras plus qu’une étendue de poussière et de corps inertes, tombés les uns sur les autres. Sa petite main, brûlante, se pose sur ton torse et tu ne peux empêcher un long frisson de te traverser comme la foudre. Courant électrique qui fait frémir ta peau. « Je ressens trop fort ? » Dans un coup d’œil mordu d’ironie, tu observes sa chair bleuie, son apparence négligée. Il a l’air aussi fort qu’un roseau sur le point de se briser. Tes doigts s’enroulent autour du poignet trop fin et tu as l’impression qu’un peu plus de force pourrait le casser en deux. « Moi, je ressens trop fort ? Tu t’es regardé ? tu craches avec véhémence. Tu as vu de quoi tu as l’air ? On dirait que tu as été passé à tabac. Tu as des bleus sur la gorge comme si on avait voulu t’étrangler, tu es maigre comme un de ces enfants à qui on ne donne pas à manger. Tu as quel âge ? Quinze ans ? Tu n’es encore qu’un bébé. Que sais-tu de la souffrance ? Que sais-tu de ce que c’est de ressentir trop fort ? » Et à la lumière trop claire de la lune blanche, tu peux même observer les cicatrices qui maculent sa peau. Marques de douleur impossible à canaliser. Quand la souffrance psychologique ne trouve que ce moyen pour s’exorciser. « C’est toi qui t’es fait ça ? » Et quelque part, tout au fond de ta poitrine, il y a comme un vague sentiment de compassion. Comme un vague sentiment de tendresse à l’égard de cet être fracassé.


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MessageSujet: Re: ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)   Mar 12 Juil - 20:04



Arrête de ressentir s’il te plaît.

Violence, c’est presque comme un déchirement de l’âme écartèlement des sentiments. Tout est trop fort, trop violent, et les yeux brillants de l’homme te font perdre tes moyens déjà peu utiles. Tu ne regardes pas son visage, tu sembles regarder sa tête, son cœur, son âme, tu ressens ce qu’il ressent. Agacement, rage. Monstre que tu as devant toi et que tu sembles pourtant comprendre mieux que lui-même ne se comprend. Tout a une raison, la rage a un passé, la douleur également, tout est un mélange savant qui a des effets douloureux sur le corps et sur l’âme, la douleur rend fou. Tes sentiments à toi, ils sont composés d’une tristesse profonde, d’une envie de mourir, d’une envie de ne plus rien ressentir, une envie de faire taire tout ce qui est synonyme de douleur, de peur, de rage. Le monde est empli de misère, de douleur, des paillettes de bonheur comme de l’or qui en fout plein les yeux et qui apaise ton cœur. T’aimerais tout arrêter, te retirer de la tête des gens que tu regardes, que tu croises, que tu touches, tu aimerais ne plus rien ressentir, pas le désir malsain qui prend le contrôle des hommes qui payent pour toi, ils sont déçue tu ne bouges pas, tu ne parles pas, t’encaisse et tu chiales comme un gosse, comme si c’était la première fois alors que c’est la centième de la journée, tu te donnes la gerbe, la douleur mentale, physique, tu devrais finir d'interner mais tu crèveras comme ta mère, te noyant dans ton sang, tu commences déjà à vider tes réserves avec ce que tu trouves, couteau, rasoir, tu te mords à sang, tu griffes à sang, tu te défigurerais presque si c’était facile à cacher.

ils se vengent, tous, pour la douleur de leur vie, pour la misère qu’ils subissent, ils sont ceux qui frappent, qui hurle, et t’as peur, t’as toujours eu peur, c’est le seul vrai sentiment que tu connais depuis que t’es gosse tout est fini, l’ancienne vie en lambeau, le froid glacial du désert de neige et bien loin, t’aimerait y retourner, regarder les aurores boréales comme si t’avais changé de pays alors que t’es juste ce gosse qui s’enferme pour survivre, celui qui défonce sa chambre tous les soirs et qui tâche la moquette de son sang. Alors, dans le fond, cet homme, même sans le connaître tu le comprends, démon aux mille visages et rage mordante, il pourrait te tuer, tout de suite, tu pourrais le supplier de le faire, tu vas le supplier de le faire, parce que t’es lâche, que t’as la voix dégommée à cause de la précédente pression qu’il y a eu sur ta gorge, parce que tes poumons s’oxydent à cause des clopes que tu fumes. Bon à rien, juste à vendre ton cul. Jugement de l’autre sur ton apparence, sur l’aspect juvénile de tes traits, tu respires et reprends point par point, parce que tu en as besoin, que tu veux tout clarifier, ta main se retirant de son cœur, rage, désespoir. « Non, les miroirs sont brisés. » Non, tu ne te regardes pas, tu ne veux pas te faire peur. « C’est ce qu'il s’est passé, et je n’aime pas manger. » Point par point, tu ressens la colère, l’incompréhension, toujours les mêmes choses, parce que tu l’irrites. Oui, l’étranglement, par un client mécontent, aujourd’hui ça s’est passé, ça arrive. « Dix-huit ans. » Tu viens d’atteindre cet âge-là, tu viens de passer d’une année, tu ne sais pas vraiment quel jour, c’est approximatif.

Tu ne sais pas ce qu’est la souffrance, tu ne sais pas ce que c’est de ressentir fort. Ça te frappe dans le cœur, ça te fait mal à entendre, si quelqu’un sait ce qu’est le fait de ressentir fort, d’avoir mal à cause de ça, c’est bien toi. Les évanouissements, les saignements de nez, le nombre de fois où ton cerveau a voulu arrêter de travailler, tu ne comptes même plus. Tu ne réponds pas, tu n’as rien à dire, tu pinces juste les lèvres et redresses le regard, il se plante au niveau de la poitrine de l’autre, parce que tu es petit, parce que t’es qu’un gamin. Il demande, la question, c’est toi qui te blesses ? C’est toi qui fais couler ton propre sang au sol dans un excès de tristesse, de peur, d’envie de crever ? Oui Niki, oui c’est bien toi. Tu ne dis rien, tu baisses juste les yeux et regardes sur les côtés, route des cartes. Sentiments positifs, tu es perturbé, un peu, beaucoup, tu trésailles presque. « Il n’y a pas que les grands qui ont le droit d’avoir mal. » Comme si c’était un privilège de ressentir tout ça, comme si c’était un privilège de ne pas dormir, de ne pas être assez en sécurité pour se laisser aller, de ne pas avoir le courage de hurler qu’on veut être seul. La faiblesse de l’être humain. « Tu ressens trop fort, ça n’a rien à voir avec l’apparence physique, c’est ce qu’il y a l’intérieur qui compte. Tu es propre sur toi, tu es grand, tu es beau, tu es fort, mais tu souffres. Et je ne fais pas exprès de ressentir ce que tu ressens. Si tu veux tu peux me tuer. Je ne manquerais pas, j'sais même pas si quelqu’un a conscience que j’existe. » C’est profond, tu parles, trop, pour la première fois. « Quand on né, il paraît qu’on est destiné à faire des choses. Tu connais ta destinée ? » Enfant perdu qui demande à un grand.




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MessageSujet: Re: ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)   Dim 17 Juil - 21:42



s’il te plaît, apprivoise-moi.

Tu ne sais pas ce qu’il cherche, ce qu’il attend. Tu ne sais pas pourquoi il te suit comme s’il espérait des réponses à ses questions. Tu ne peux rien faire pour lui, comme tu ne peux rien faire pour toi. Oui, peut-être ressens-tu le vide trop fortement. Peut-être qu’il te glace le sang, qu’il rogne ta vie comme un poison dans tes veines. Mais que peux-tu y faire ? Que pourrais-tu y faire ? Rien. Tu es condamné à cette errance comme dans un trou noir, à sentir chaque petite parcelle de lumière être aspirée, éteinte jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Plus rien que le néant absolu. Plus rien que le noir – noir comme ton âme éperdue. Et la franchise de ce gosse te désarme. Il est blanc puis noir. Il n’y a pas de gris, juste du blanc et du noir. Partout. Tu devrais plutôt tourner les talons et t’en aller. Le laisser. Mais son regard est devenu comme le miroir de ton âme. Tu arrives à lire tout ce que tu ressens à l’intérieur et tu es tout simplement incapable de dévier ton regard. Tu es tout simplement incapable d’oublier ces pupilles trop vides. Est-ce que c’était ce qu’il voyait ? Est-ce que c’était ce regard-là que tu renvoyais ? « Tu as mal ? » La question t’a échappée, bêtement. Tes lèvres trop sèches ont laissé passer les pensées tourbillonnantes et tu n’as pas pu les rattraper. Bien sûr qu’il a mal. La souffrance se voit partout sur lui. En lui. Ce gosse est comme un animal blessé, à l’agonie. Et tu ne sais pas s’il attend d’être délivré ou bien d’être sauvé. Tu ne sais pas si tu dois l’empoisonner un peu plus ou bien purifier son sang jusqu’à ce que le carmin coule à nouveau. Tout est si sombre. Mais est-ce vraiment lui ou bien le brun n’est-il qu’une projection de ton propre être perdu ?

Ses mots ont une sonorité étrange. Différente. Ils te font penser à ta propre voix, celle qui envoûte. Celle qui charme et annihile les esprits. Désarçonné, tu ne peux que rester complètement immobile face à ce gamin qui devrait ne rien comprendre à la vie. Et il en sait pourtant bien plus que tu ne l’aurais imaginé. Bien plus que son physique ne le laisse à penser. Tu fais quelques pas, jusqu’à ne sentir que sa chaleur autour de toi. Une chaleur froide et cassée. Brisée. Les doigts qui se glissent sous le menton baissé, forcent le regard à retrouver le tien. « Je sens l’odeur de bien des hommes sur ta peau d’enfant, tu susurres doucement. Es-tu réellement sûr que tu ne manquerais à personne ? Que fais-tu de tous ceux qui semblent aimer profiter de ton corps ? » Ton index passe sur la lèvre inférieure, un peu gercée, un peu sèche. Tu n’as pas besoin de le connaître pour savoir qui il est, pour savoir ce qu’il fait. Ce qu’on lui fait. Toutes ces mains inconnues qui dévorent sa chair, les baisers volés et non consentis. Les parfums qui se mélangent, l’âme qui se ternit. « Ta destinée à toi est-elle vraiment de te mettre à genoux devant ces hommes pour les satisfaire ? Si je te le demandais, te mettrais-tu à genoux devant moi ? » N’est-il bon qu’à ça ? Ne fait-il que ça ? Tu fais glisser ta main dans la nuque, doucement, comme une caresse aussi légère que le vent. Sa chair est douce ; sa chair est tendre. Instinctivement, tu aurais envie de mordre dans cette peau d’albâtre. Juste pour l’entendre gémir de douleur, juste pour l’entendre te supplier d’arrêter – ou peut-être te dirait-il de continuer. « Ma destinée, c’est de détruire les petits garçons comme toi, souris-tu avec perfidie. Alors tu n’as pas peur de moi ? »


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MessageSujet: Re: ⊰ APPRIVOISE-MOI. (nikita)   Lun 18 Juil - 1:33



Arrête de ressentir s’il te plaît.

Blottis dans un coin de sa tête l’enfant refuse d’ouvrir les yeux, l’enfant refuse de bouger. Le sang cristallisant sur ta peau trop pâle il se renferme dans sa propre folie, dystopie. Et la main l’attrape par les cheveux, le force à bouger et le jette sur le lit. Dans un hurlement le cauchemar recommencé, la fragilité de l’être qui saigne, de l’enfant qu’on bâillonne, des larmes qui s’écroulent sur les draps autrefois blancs. L’habitude reprend, tous les jours, le soir ce sont les démons qui volent les âmes, les vitres qui explosent, les cris encore plus fort, le miroir brisé, le sang qui coule comme témoin d’une profonde douleur. Et rien n’est refermé, tout est enfermé, la peau se brisant, la haine bleuissant des morceaux de peaux. Brisé la perfection en petits morceaux. Et, de temps en temps, l’essaie de se débattre, les bras trop forts qui s’abattent quand même, le dégoût du corps qui refait surface, l’envie de vomir quand il avale, le poignard qu’il planterait bien dans son cœur, les vomissements incessants, l’aspect pathétique d’un être humain. Ne plus savoir à qui on appartient, ne pas savoir les sentiments qui nous habitent, émotions désordonnées, les tiennes ou pas, Nikita, tu ne sais pas. Subitement, frisson de la peau, pas à cause de l’autre, à cause du froid, à cause de ta peau pratiquement nue, à cause de la fatigue, à cause de tes jambes tremblantes. Est-ce que tu as mal, tu baisses les yeux, encore une fois, réfléchir n’est peut-être pas une solution, mais, pourtant c’est ce que tu fais. « Où ? » Tu réponds, doucement, comme si c’était un supplice, comme si ce simple mot te brûlait les lèvres. « Mes bras ? Oui. » Tu te retiens de dire que c’est parce qu’ils sont plus sensibles, que des mains les ont déjà ébréchés avant toi-même, mais tu te tais, le dégoût, la honte, ne pas avoir le choix que d’être un morceau de viande. Tu aurais une chanson dans la tête, pour te calmer, mais tout va trop vite, tout est trop fort, flux de sentiments que tu gardes en toi, visage froid, livide, coloré d’une rougeur au niveau des joues. Des doigts sous ton menton, te redressant le visage, te forçant à admirer les yeux de l’autre. Envie de vomir, subite, violente, grimace sur ton visage, dégoût d’être ce que tu es, les larmes qui dévalent la pente, qui glissent le long de tes joues même quand tu ne redeviens pas impassible, les larmes de honte. « Un corps se remplace. » Oui, tu es remplaçable, gamin détruit, qui ne veut que mourir, gamin qui laisse ses larmes glissées sur ses joues et brûlées ses yeux. L’odeur de ces hommes, la sensation de leurs mains sur ton corps, de leurs lèvres sur les tiennent, d’eux en toi, de leurs odeurs et du sperme sur ta peau. Envie de vomir de plus en plus forte, comme d’habitude, vomir ce que tu as ingurgité, peu, seulement de l’eau et du pain, rien de plus, tu aimerais te défaire de cette emprise, mais tu ne peux pas, peut-être même que tu ne veux pas. Tu réponds, l’envie de t’enfuir encore plus présente, mais le prédateur s’amuse, il s’amusera toujours. « Je ne sais pas. » Première réponse, tu ne connais pas ta destinée, tu ne veux pas la connaître. « Non. Sauf si tu me forces à le faire. » Tu veux partir, ne plus être utilisé comme une vide-couille, tu ne veux pas faire des choses que tu ne veux pas, tu ne veux plus être violenté et forcé, tu ne veux pas voir ton dos marqué de traces tout aussi bleus que celles de ton torse et de ton cou. Nuque effleurée, mouvements doux que tu n’as jamais connus, les larmes sont plus abondantes, les nerfs craquent et tes mains se placent contre ton visage, empêchant la vie de plus, de cette grimace de douleur, de gêne. « Tu ne peux détruire ce qui est déjà en morceaux. » Les mains qui quittent le visage, les yeux et la tête vers le sol. « Je n’ai pas peur de toi, mais tu as peur de moi. » La vérité qui sort de la bouche trop rouge, lèvres insolentes et regard brisé. Les frissons reprennent, peau gelée et lèvres qui pourraient bleuir. Puis, soubresaut, souvenir de tout, mal de tête, saignement subit de nez, l’enfant qui se décale sur le côté, cachant son visage, crise de panique violente, le dégoût, la peur, la colère, l’énervement, le jeu. Le sang coule au sol, comme si c’était une autre manière d’évacuer tout ça, comme si le corps savait que si tu rendais, tu finirais par t’écrouler et crevé, faudrait que demander. Le sang goutte, pas de réflexes, tu’es spectateur de ta douleur, mais tu te sens apaisé, les genoux au sol, le dos courbé tes larmes se mélangeant avec le sang, les sentiments font mal, un trop-plein est mortel.



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