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 i'm peeling the skin off my face

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LE MIROIR :
Date d'inscription : 17/06/2016
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MessageSujet: i'm peeling the skin off my face   Dim 19 Juin - 17:59



You think I'm psycho

You think I'm gone



Les roses oscillaient doucement sous la caresse du vent. « Peignez-les en rouge, aujourd’hui. » Elle avait ordonné, dardant son regard de glace sur les bosquets de roses qui s’étalaient sous ses yeux. Peintes en noires la veille, Sophronia s’était lassée si rapidement qu’elle se demandait encore comment elle avait pu invectiver une telle injonction. Les roses devaient être rouges. Pas violettes, pas framboise, le rouge qui sortait de vos veines bouillonnantes, le rouge qui sortait de votre cœur, le rouge de vos yeux fustigés par la fatigue, par la douleur. Aujourd’hui, la Reine de Cœur donnait un banquet, et elle avait bien l’intention que les roses soient rouges. Elle pourrait sinon les recouvrir du sang de ses invités, s’ils se découvraient être peu plaisants. Voilà longtemps qu’elle n’avait pas ouvert les grandes grilles forgées de la Roseraie. Elle s’était repliée sur elle-même, comme les corbeaux déposent leur aile meurtrie au-dessus de leurs petits. Protégeant son corps et son cœur de toutes les intempéries, elle avait éructé de rage sous couvert d’une nuit longue, trop longue, sempiternelle. Aujourd’hui, le sourire ravageur sur ses traits gelés, les larmes de crocodile prêtes à être dégainées, les mots tranchants, douceur et délicatesse, comme le fruit déposé sur la langue avide, elle était fin prête. Envoyant des lettres dans tout Wonderland, elle avait utilisé le sceau royal, le papier royal, la plume royal, tout ce qui avait le plus royal pour montrer au monde, que certes, le Roi de Cœur l’avait reléguée dans sa Roseraie : mais qu’elle n’y resterait plus pour très longtemps. Ce qu’il y avait de bien avec sa position, c’est qu’elle pouvait couper des têtes, mais que personne ne pouvait couper la sienne. Telle une hydre démoniaque, coupez-lui une tête, deux pousseront à sa place.

Elle avait déposé sur l’invitation du Chapelier la trace de ses lèvres recouvertes de rouge, jus de cerise, jus de baies, jus mortel. Sureau invitant le Roi de Cœur d’entrer dans son monde, dans le petit bout de jardin dans lequel il l’avait reléguée. I’m nuts baby, I’m mad. The craziest friend that you’ve ever had. Procès, procès, vous aurez un procès. Et tout le monde serait juge ce soir-là. On disait Sophronia tyrannique, totalitaire : voilà, ils auraient la justice entre leurs mains si pures, si blanches, et elle comptait bien les faire tous tomber les uns après les autres. Il y avait de trop nombreux traîtres foulant les terres de Wonderland, et même s’il y avait une tête qu’elle désirait par-dessus tout, elle se contenterait bien de celle-ci pour le moment. Procès d’Angus Brumby. Venez nombreux. Banquet à couteaux tirés. Tenue correcte exigée. Roses rouges uniquement. Sur presentation de l’invitation. Elle aussi avait fait un effort. Revêtant la plus belle robe dont elle disposait, parsemée de roses plus rouges que l’aube, elle l’avait assortie à un chapeau qui ne serait pas sans titiller son bonsieur. Elle se détestait d’être si obnubilée. Elle se détestait de ne penser qu’à lui. Alors que lui… Oh, ses pensées s’envolaient vers les cieux, ensevelissaient d’autres femmes sous ses caresses incessantes. Ses pensées quittaient le palais de ses envies pour courir vers d’autres peaux, d’autres corps, d’autres desseins, alors qu’elle restait irrémédiablement coincée. Elle se sentait comme toutes ses statues qui l’attendaient dans la cave. Descendant les escaliers, la main baguée d’une alliance dépourvue de sens posée sur la pierre glaciale de son château, elle descendit dans son musée de cire, de glace, de pierres. Les regards perdus, la bouche s’arrondissant sur un o plus théâtral encore qu’elle, des mains qui se serraient de terreur. Elle posa ses doigts gelés sur les visages, sur les sentiments, les émotions, et les cœurs qui ne palpitaient plus. « Mes roses. Mes si belles roses. Qui vais-je sortir de sa torpeur aujourd’hui. Toi, peut-être ? menaça-t-elle en pointant de son doigt une magnifique demoiselle aux longs cheveux bouclés. Ou toi ? » Un rictus diablotin fleurit sur ses lèvres alors qu’elle déposait un baiser sur la joue de son valet. De cœur. De Cœur qu’elle avait arrêté, entre ses doigts graciles, quand il lui avait fait cet affront. « Plus personne ne se jouera de moi, tu le sais ça, mon bel amour ? » Elle caressa un instant la statue, hésitant à la faire basculer, briser cette moue désagréable, qu’elle chérissait autant qu’elle haïssait. Déposant sa main sur l’emplacement de son organe vital. Boum. Une petite pulsion, une douleur incroyable, l’impression de vivre une crise cardique. Boum. Et une deuxième. Pouvoir respirer, une fraction de seconde, pour mourir aussi vite, piégé dans un carcan de douleur sans fin. « J’arrête de jouer avec tes nerfs. Quelle généreuse femme je fais. » Elle virevolte sur elle-même, ses longs cheveux d’un blond angélique fouettant les joues du valet alors qu’elle remonte lentement les escaliers. Sa traîne fait le ménage dans un lieu qu’elle visite trop pour qu’il y ait de la poussière. « Ne me fais pas attendre. Le dernier qui a osé faire ça n’est plus là pour en témoigner. »

La foule commençait lentement à passer son magnifique portail, où des spirales de bouquet se chevauchaient. Tous magnifiques, la plupart d’entre eux portant aussi des chapeaux, elle descendit lentement dans son piédestal. Certes, l’escalier en marbre donnant sur la cour était magnifique, elle ne pouvait pas le nier. Mais trop petit. Trop petit pour ses grandes ambitions. Le château du Chapelier était mille fois plus grand. Pourquoi se contenter d’une chaumière quand un manoir vous tendait les bras ? Arrivant comme la reine qu’elle était au milieu de ces gens, elle claironna de sa voix de royale. « Bienvenue, bienvenue mes amis. Approchez du banquet. Profitez du goût des roses, de l’odeur de la mort. Aujourd’hui, nous sommes là pour juger. Mais qui pourrait être impartial le ventre vide ? » La foule suivit ses conseils, tandis que tous se saluaient, rendant le brouhaha désagréable. Ah, la populace. Elle devrait faire preuve de beaucoup d’ardeur et d’attention si elle voulait récupérer son trône. Personne n’était dupe mais la curiosité morbide qui étreignait leur cœur pouvait se sentir d’ici. Ils avaient envie de voir un procès, une décision de justice, de voir la Reine faire pleuvoir sa rage et sa colère. Ce genre d’évènements ne manquait jamais d’animation. Derrière elle, Sophornia pouvait sentir le souffle puissant de son valet de cœur. De là où elle était, tous les cœurs battaient à l’unisson, tic, tac, tic, tac, comme l’heure du thé qui approchait. Et l’heure du thé était donnée.
Alors, Chapelier ? Oseras-tu m’affronter ?

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LE MIROIR : mad as a hatter.
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MessageSujet: Re: i'm peeling the skin off my face   Jeu 30 Juin - 21:45

i'm peeling the skin off my face
Sophronia & Ambrose
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

La voici, la voilà, la reine folle. La reine sans couronne. Celle qui n'a pas eut besoin d'arracher. Il s'est contenté de ses rêves le Chapelier et peut-être de son cœur si elle en avait eut un. Autrefois, l'impératrice de sang l'intimidait. Maintenant, le pouvoir entre ses doigts, il se gausse d'elle, parce que c'est tellement plus facile du haut de son trôle. La déchue flatte son ego, à jouer dans ce palais qu'il considère avoir daigné lui accorder.

Pourtant, il a beau être assuré le Chapelier, son cœur à lui bat frénétiquement dans sa poitrine. Parce qu'il y a de la méfiance pour cette femme, celle dont la folie diffère tellement de la sienne, posée, violente... sanguine. C'est ce qui l'attire et le repousse, ce qui fait que contrairement aux fragiles corps qu'il a pu repoussé, délaissé par un quelconque caprice, elle l'intrigue toujours autant. C'est comme un papillon qui vole trop prés de la lumière, avant de découvrir que celui-ci est le soleil. Il s'en brûlerait les ailes, Ambrose, par cette curiosité malsaine qui le caractérise.

Parce que cette femme est à la fois alliée, ennemie, amante, et plus encore. Elle est la souveraine qu'il se plait, lui l'ancien roturier, à torturer par ses manigances. Alors, lorsqu'il tint dans sa paume l'invitation de celle-ci orné par les traces de ses lèvres, le Chapelier ne prit pas longtemps à décider. Ce n'était pas parce qu'il était souverain, après tout on l'invitait parfois et il ne venait pas, mais ses sujets à lui devait venir : toujours.

Mais dans les exécutions de la Reine, il y avait toujours cette écœurante imagerie, ce macabre qu'il affectionnait autant qu'il repoussait. La trahison infecte dont il avait été l'artisan devait encore résonné dans l'esprit de la Reine et pour une fois le Chapelier souhaitait être prudent... autant que cela pouvait être possible. Vêtu d'une veste de velours, il avait mis l'un de ses plus beaux chapeaux assorties, écarlate avec une belle plume. Une chaîne de montre à gousset pend de sa poche de veston tandis qu'un sourire fleurit sur ses lèvres, comme au hâtif a qui une fête est annoncé, car c'est bien de cela dont il s'agit.

La foule se pressait, la tension faisait vibrer l'air. Il y avait un mélange de fascination morbide, d'admiration, de peur et de soulagement. C'était un autre homme qui faisait les frais du courroux de la belle dame aujourd'hui. Lui est hors de portée. Oui. C'est certainement ça qui le rassurait, qui le rende audacieux... qui l'avait amené à épingler une belle rose blanche au revers de sa veste. Il est d'humeur taquine, un sourire tordu sur ses lèvres.«  Bien le bonjour votre majesté. »  Chacun retient son souffle en voyant les pétales non colorés qui ornent la veste du Chapelier.
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Il était grilheure ; les slictueux toves sur l’alloinde gyraient et vriblaient. Tout flivoreux étaient les borogoves. Les vergons fourgus bourniflaient Prends garde au Jabberwock, mon fils ! A sa gueule qui mord, à ses griffes qui happent ! — Lewis Carroll.

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LE MIROIR :
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MessageSujet: Re: i'm peeling the skin off my face   Mar 12 Juil - 10:26



You think I'm psycho

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Les yeux abysses de la Reine glissèrent sur la foule, impatiente de découvrir où se cachait son petit Chapelier Fou. Du haut de sa tour d’ivoire, elle ne pouvait pas se contenter du brouhaha du monde – elle voulait son brouhaha à lui. Peut-être qu’elle échangerait les condamnés au dernier moment. Après tout, qui n’aimerait pas juger son propre roi ? Vous prendrez bien une petite part de Chapelier, n’est-ce pas ? Enfin, ce monde était bien trop hypocrite, ces gens bien trop peureux pour oser se dresser face à leur petit pourvoyeur de thé préféré. Sophronia déposa sa main baguée sur celle de son Valet, statue de marbre si belle et si délicate. Jamais il ne la trahirait. Lui au moins, n’avait qu’un visage. Et puis, ce chapeau, ce chapeau si particulier qui fendait la foule comme si rien d’autre n’importait. Il savait que beaucoup de regards seraient tournés vers lui en cette journée incroyable, et il en jouait diaboliquement. Sa montre à gousset toujours proche de sa poche, comme un deuxième cœur indiquant le temps qui lui restait à battre, elle s’amusa de voir combien il ne changeait pas, comment les choses ne changeaient jamais. Quoi que, cela voudrait dire qu’il avait toujours eu cette perfidie dans son cœur, qu’il avait toujours, quelque part, eu cette noirceur écarlate, même quand ils étaient amants. Se pouvait-il ? Oui, certainement. Bon nombre de gens savaient cacher leurs envies, leurs véritables sensations. Ce que l’Abernathy détestait cependant, ce n’était pas qu’il cachait ses émotions. C’était plutôt qu’elle ne l’avait pas percé à jour. Aveuglée par son envie de grandeur, de châteaux, de pouvoir, elle n’avait pas vu venir sa déchéance future. Elle ferma les poings, essayant de chasser ses pensées. Pourtant elles tournoyaient toujours, en rond, en boucle, comme d’habitude. Comme une ballerine dans une boîte à musique qui n’arrêterait plus de tourner, sans musique, seule et dans le silence. « Où sont mes dames de compagnie ? demanda-t-elle finalement à son valet, le cœur glacé. » Ces pimbêches savaient toujours où être quand il ne fallait pas, mais elles n’étaient jamais à sa disposition au moment opportun.

Au bout du petit jardin octroyé par la bonté de sa Majesté le Fou, deux violonistes s’essayaient à une symphonie plutôt agréable. Sophronia aimait le violon. Avec le piano il s’agissait des deux seuls instruments de musique qu’elle parvenait à supporter. Tantôt doucereux, tantôt criards, les élans tristes et colériques qu’ils pouvaient avoir la transcendait et lui rappelait étrangement son âme. Et alors que son regard fuyait l’homme, la figure qu’elle avait cherché instinctivement, elle tomba dessus.
Sur la rose.
Sur la putain de rose blanche.
Etait-ce censé être une blague ? De mauvais goût bien sûr. Pour la détruire un peu plus, pour lui montrant qu’elle n’avait plus aucun pouvoir, pas sur lui-même, pas même sur la rose ceinte à son costume de circonstance. Elle descendit lentement les escaliers de son balcon qu’elle devait abandonner et l’aberration de la situation ne lui échappa pas. Est-ce que Juliette descendait de son balcon pour rencontrer Roméo ? Certes non. Passant devant une tablée richement décorée, présentant de nombreux mets plus raffinés les uns que les autres, elle attrapa une coupelle de jus de fraises avant de se glisser entre les convives pour atteindre son sujet de hantise. Le sourire taquin plaqué dans ses yeux. « Bien le bonjour, Votre Majesté. » Le Roi du déshonneur se moquait d’elle. Elle n'était Majesté de rien, si ce n'était d'un territoire fait de ruines. Une de ses dames de compagnie arriva derrière elle. « Ma Reine, vous m’avez fait mander ? » Elle heurta ‘malencontreusement’ le coude de Sophronia, dont la coupelle de jus de fraises lui échappa des mains, venant se répandre sur la magnifique rose blanche du Sire, teintant doucement cette pureté éclatante par la violence écarlate. « Nymeria. Qu’avais-je dis à propos de ces maladresses ? Excusez-vous auprès de Sa Majesté, voyez ce que vous avez fait de son costume ! Ne vous en faites pas, mon Roi, elle sera punie comme il se doit. » Son regard s’accrocha à celui d’Ambrose, voleur de trônes et de bonne humeur. « Mais nous savons combien Sa Majesté est clémente. Voyez, Elle nous a déjà fait le grand honneur de venir nous rejoindre pour une si petite fête. Peut-être est-ce l’idée de boire un thé qui L’a séduite ? » Les regards se portèrent sur le trio improbable, alors que Nymeria (si tel était son nom d’ailleurs, pour ce que Sophronia en savait…) se répandait en excuses face au Chapelier. « Nous Vous offrirons dédommagement bien entendu, ajouta-t-elle. » Tout ceci sous-entendait clairement qu’elle lui rendrait la monnaie de sa pièce.

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